La réalité virtuelle peut soigner la moitié des enfants autistes

Une étude menée par des chercheurs de la Newcastle University, au Royaume-Uni, démontre que la réalité virtuelle peut s’avérer très efficace pour soigner les enfants autistes de leurs phobies. En vivant une simulation de leurs peurs dans la réalité virtuelle, les patients sont en mesure de les affronter dans le monde réel.

On sait déjà que la réalité virtuelle peut distraire les blessés de la douleur, ou aider les victimes de traumatismes à tourner la page. Cette technologie peut-elle aussi soigner les enfants autistes de leurs phobies les plus courantes ? Pour le savoir, des chercheurs de la Newcastle University, au Royaume-Uni, ont créé une ” Blue Room ” avec le partenariat de l’entreprise Third Eye NeuroTech. Au sein de cette chambre bleue, située dans le County Durham, les patients peuvent vivre les situations qui les angoissent au travers d’une simulation en VR.

En effet, comme l’explique le professeur Jeremy Parr, qui a dirigé l’étude, ” pour de nombreux enfants et pour leurs familles, l’anxiété peut diriger leurs vies parceque’ils essayent d’éviter les situations qui déclenchent la peur ou la phobie de l’enfant “. Environ 25% des enfants autistes seraient atteints de phobies, et c’est pourquoi les scientifiques cherchent un moyen de les aider à les vaincre.

Dans la Blue Room, différents scénarios sont proposés pour couvrir une large variété de phobies : guêpes, ascenseurs, pénombre, vide, ballons, poupées, transports en commun, école, entrer dans une pièce… guidé par le thérapeute, l’enfant peut affronter sa phobie à son rythme afin de la surmonter. Muni d’un iPad en guise de contrôleur, l’enfant progresse au sein de cette mise en scène virtuelle et reste maître de la situation.

Pour vérifier l’efficacité de ce dispositif, les chercheurs ont mené une expérience auprès 32 enfants autistes âgés de 8 à 14 ans. Les résultats de leurs recherches ont été publiés dans le Journal of Autism and Developmental Disorders. La moitié des enfants a reçu le traitement dans la Blue Room, la seconde moitié ont reçu le traitement six mois plus tard afin que les résultats puissent être comparés.

Après avoir reçu le traitement, épaulés par leurs parents, les enfants ont été confrontés à leurs angoisses dans le monde réel. Après deux semaines, les chercheurs ont constaté que quatre des seize premiers enfants (25%) avaient réagi de manière positive et pouvaient maintenant surmonter une phobie spécifique.

Six mois après cet essai, les chercheurs ont eu l’agréable surprise de constater que six patients (38%) avaient bénéficié du traitement sur le long terme. En revanche, pour l’un d’entre eux, la VR n’a fait qu’empirer la situation…

Dans le second groupe, cinq enfants ont également vu leurs phobies amplifiées suite au traitement. Cependant, 40% des enfants du second groupe ont présenté des signes encourageants après deux semaines, et 45% au bout de six mois.

Un enfant de 11 ans, dénommé Harry Mainwaring, a pu adopter un chien et se prendre d’affection pour lui. Auparavant, il s’enfuyait en hurlant dès lors qu’il voyait un chien. Dans le cadre d’une expérience séparée menée auprès d’adultes, une jeune femme de 26 ans ayant reçu le même traitement a pu être diplômée de l’université après avoir réussi à vaincre sa peur de passer des portes ou de traverser de longs couloirs.

Pour les chercheurs, cette expérience est très encourageante et permet d’offrir de l’espoir aux familles qui ont peu d’options à disposition pour aider leurs enfants. Ce traitement est disponible dès à présent pour les familles britanniques via le Complex Neurodevelopmental Disorders Service du Northumberland Tyne and Wear NHS Foundation Trust.

Réalité virtuelle.com

Cédric Pitault